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Kurt Cobain a dit un jour “ Il vaut mieux être détesté pour ce que tu es plutôt qu’être aimé pour ce que tu n’es pas”. C’est l’histoire de ma vie… ou plutôt c’était l’histoire de ma vie.
Je ne compte plus le nombre d’années passées à m’interdire d’être moi-même. À tenter de rentrer dans un moule trop petit pour moi et à revêtir un costume pas à ma taille par peur du rejet et du désamour.
Un beau jour de novembre 2021, je me suis fait une promesse : je veux vivre en étant 100% moi-même et je ne veux plus avoir honte de ce que je suis.
Mais avant d’en arriver là, le chemin a été très long. Tu as 10 minutes ? Viens, je te raconte !
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Bon ça date un peu mais j’ai le souvenir d’avoir été une petite fille joyeuse et bien dans ses baskets (des baskets qui font de la lumière s’il vous plait !).
Je n’accorde pas ma confiance à n’importe qui mais j’ai des copains avec qui je construis des cabanes sous la table et des copines à qui j’écris des lettres chargées d’autocollants.
Mais déjà bien introvertie, il m’arrive souvent de préférer la compagnie de mes livres à celles des humains surtout quand ce sont des livres de La bibliothèque rose (d’ailleurs, sur toutes les photos de l’époque, tu me verras avec un livre à la main).
Fin de l’enfance, on me dit dans l’oreille que l’insouciance est terminée et qu’il va falloir affronter les problèmes. Tu penses bien qu’à onze ans, je ne suis pas prête.
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Je deviens une adolescente archi réservée et même timide maladive (du genre “ demander une baguette de pain”, c’est l’épreuve du feu pour moi).
Et c’est malheureux à dire mais je sais que cette attitude a crée le terreau de mon harcèlement scolaire. Le milieu scolaire est impitoyable et tu ne peux pas te montrer tel que tu es sans risquer quelque chose, c’est ce que ça m’a appris.
Pendant huit ans, je me laisse faire et j’accepte qu’on me fasse du mal comme si c’était normal. Je me renferme et j’associe le fait d’être moi-même à de la souffrance. Je sombre dans un profond mal-être qui va durer très longtemps.
Durant cette période troublée, je fais une découverte qui va changer ma vie à jamais : l’écriture.
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Écrire devient un exutoire (et crois-moi, j’ai la Terre entière à extérioriser !).
J’écris pour m’introspecter. J’écris pour me comprendre. J’écris pour trouver du réconfort. J’écris pour exister aux yeux de ma feuille de papier. Je me sers de l’écriture comme d’une thérapie qui me permet de garder la tête hors de l’eau. L’écriture, c’est la cabane dans laquelle je vais me réfugier chaque fois que mon cœur est trop lourd.
En 2010, mon entrée en licence de psycho marque un vrai tournant dans ma vie. Déja parce que pour la première fois, je fais un choix et puis aussi parce que l’étude de la psychologie humaine change littéralement mon rapport au monde. J’ouvre mon esprit, j’apprends qu’il existe beaucoup plus de possibilités que mon cerveau n’en imagine. Et surtout je m’ouvre à la différence, ça m’aide à mieux vivre la mienne.
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J’ai ressenti la différence très jeune, dans les yeux des autres j’avais l’impression d’être E.T.
Et puis, je me prenais sans cesse des réflexions douloureuses : Kelly, tu es trop sensible. Tu es trop susceptible. Tu prends les choses trop à cœur. Tu démarres au quart de tour. Respire, Détends-toi. N’en fais pas toute une montagne. J’étais “ trop “, j’étais “ pas assez”. J’étais jamais comme il faut.
C’est un article de blog qui met un mot sur mes maux : je suis hypersensible. Ce mot vient enfin mettre un terme à des années à me sentir différente et incomprise. Je découvre aussi que je ne suis pas la seule à vivre la même chose. On est 30% à partager cette spécificité.
En fait, j’étais juste différente. Et ça change beaucoup de choses pour moi.
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J’ai l’impression d’avoir trimballé plus de casseroles que la cuisine présidentielle.
Entre mon harcèlement scolaire, mes trois redoublements, ma relation à mon père hyper compliquée, mes relations sentimentales qui m’ont souvent fait plus de mal que de bien ou encore le concours de prof des écoles que j’ai passé 5 fois (oui, oui !), j’ai appris à tomber… et à toujours me relever.
Des échecs pendant longtemps, aujourd’hui des expériences de vie qui ont contribuées à ma construction personnelle. Je n’ai pas toujours fait les bons choix mais j’ai toujours appris de mes erreurs.
Et ça continue encore et encore 🎶
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De 2017 à 2021, j’accompagne des ados porteurs de troubles dys parfois extrêmement lourds. Je m’attache à ces jeunes, je me sens utile et j’ai le sentiment d’avoir trouvé un sens à ma vie. Du moins, c’est ce que je croyais.
Mais c’était sans compter l’électrochoc du premier confinement. Ne plus aller travailler est un véritable soulagement. Je me prends la réalité en pleine face : je ne suis qu’un pion qu’on déplace sur un échiquier géant pour le Rectorat. Je gagne des cacahuètes. Mentalement, je suis épuisée. Je suis surtout épuisée d’ennui. Je peine à sortir de mon lit.
Et je me rends compte d’un truc essentiel : j’ai persévéré des années dans un rêve qui n’était pas le mien, pour rentrer dans un moule dans lequel je ne rentrerais jamais.
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L’Éducation Nationale, j’en ai rêvé et pourtant je n’y suis pas heureuse. Je mérite une vie plus palpitante. Je me demande surtout si la voie du salariat est vraiment faite pour moi.
En avril 2021, je trouve le courage que je ne pensais pas avoir et je pose ma démission sans plan B. Je dis non à cette vie monotone et sans saveur, à cette vie pro qui me vole mes propres valeurs. Et surtout je réalise que j’ai basculé dans un bore out sans même m’en rendre compte.
Six mois pour m’en remettre et réfléchir à la suite de ma vie, c’est le minimum pour moi. Je suis perdue, j’ai l’impression de ne rien savoir faire. Je ne sais plus qui je suis, quelles sont mes valeurs.
Moi qui ai passé ma vie à m’adapter en permanence pour satisfaire Monsieur et Madame Tout le monde, je veux redevenir actrice de ma vie, ne plus subir tout ce qui m’arrive.
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